Citation

L’ABSENCE

L'absence

L’absence ce n’est rien. Une table posée contre l’océan du silence, de l’encre et du papier.
Tout est très fort, la nuit s’efface ou la nuit vient, je n’ai pas peur.
La tête un peu penchée, je ne regarde que la feuille de papier.
Les mots s’envolent et tu es là.
L’absence ce n’est rien – un peu de temps très pur pour inventer demain.

Philippe Delerm – Fragiles

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Discussion

299 110 messages plus tard…

Pardon de vous “spoiler” la fin de l’histoire mais elle démontre en tout cas le pouvoir de l’esprit humain à se fabriquer une autre réalité…

« Comment ai-je pu y croire ? »

J’ai passé un an et demi à discuter avec des fantômes.

Vous devez me trouver bien naïf. Mais aujourd’hui, amis lecteurs, je suis sûr d’une chose : personne n’est à l’abri. La fréquentation des réseaux sociaux n’est pas sans risque. Préservez-­vous.

POUR ALLER PLUS LOIN

(TR)OPRESSÉ

Sous quel profil se cachent la princesse et le prince charmant ? Les applications de rencontres ne sont pas conçues pour trouver l’âme sœur. Logique ! Nous risquerions alors de leur échapper. Le choix est immense, nous enchaînons les rendez-vous, sans laisser le temps au désir de monter, à l’amour de s’installer.
ARTE
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Y A DE LA JOIE…

Prendre le large

Universel, confidentiel et pathétique ! Oui, pathétique…

Voilà comment je me sens ce soir. Tristement pathétique.
En tombant sur un article au titre hélas évocateur,
Internet, le grand journal intime des personnes esseulées
les mots me sautent crescendo à la gueule.

– complaintes d’internautes déprimés.
– s’épancher sur sa mélancolie
– bouteilles à la mer sur les réseaux sociaux
– place publique où écrire son désespoir
– verbalisation d’un sentiment de tristesse
– expliquer tout son malheur
– Centre de Prévention du Suicide…

Y a de la joie !

Discussion

LA PENSÉE DE FRÈRE ANTOINE

Un dimanche, un jeune homme du Muy est venu me voir. Il me dit en prenant le thé: « Et après la mort, vous croyez qu’il y a quelque chose?»

Je lui répondis en bredouillant beaucoup: «Toutes les réponses sur cette question sont du domaine des croyances et non de l’expérience. Je pourrais te raconter tout ce que disent lès religions là-dessus; une fois que tu seras rentré chez toi, ça rentrera dans le grand réservoir commun des croyances et ta vie n’en sera pas changée. Pour comprendre la mort et la vie après la mort, il faut comprendre la vie éternelle dans son présent, maintenant, sans fuite aucune et donc se comporter dans tous les événements de la vie concrète à l’inverse de ce que l’on fait quotidiennement. » Or, c’était un gars curieux et travaillé par l’Esprit. Il repartit après avoir bu son thé et, à sa démarche, je vis quand il s’éloignait qu’il avait compris – quelque chose.

Quand il arriva au bout du chemin, plus de voiture. Il descendit les bras ballants au village, tout à fait décontracté et sans se poser de questions sur ce qu’elle était devenue ou qui l’avait prise. Il arriva chez lui assez tard et, ouvrant la porte de la chambre à coucher, il trouva sa femme dans le lit avec un autre gars, laquelle lui dit simplement: «J’ai cru que tu ne rentrerais pas. Retourne dix minutes d’où !u viens, on verra après. ». Mon garçon, qui n’était marié que depuis trois mois mais qui marchait à rebours, c’est-à-dire à l’endroit depuis trois heures, ne broncha pas. Il s’en alla à la cuisine, prépara deux cafés, les porta à sa femme et à son amant et s’allongea sur le bord du lit, du côté d’elle, dans la meilleure position d’attente et quand l’autre fut parti (ce qui ne tarda guère), il prit sa femme dans ses bras avec autant d’amour que de silence.

Le lendemain matin, il se rendit à son travail à pied. Mais il y avait un autre ouvrier embauché à sa place et le patron lui dit d’aller voir ailleurs.

La première épreuve, il l’avait avalée comme une potion amère, la seconde, dit-il, comme un dépassement victorieux mais douloureux; la troisième épreuve était accompagnée d’une tentation violente de faire marche arrière pour toutes les trois à la fois, mais il était trop tard. Il est remonté me voir en courant et il s’est jeté dans mes bras en disant: ­«C’est tout vrai. Je crois, non, je sais la vie éternelle.»

Source: Frère Antoine – Une bouffée d’ermite – Editions Pocket

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MOI J’Y CROA

Vous croyez au destin vous ?
Toutes ces coïncidences qu’on sème sur votre route,
ce regard que l’on croise un jour et qu’on n’oubliera plus,
ces choix que l’on fait sans s’expliquer pourquoi !
Vous croyez à tout ça ?

Vous croyez à l’amour vous ?
Au souvenir fugace qui vous empli de chaleur et de joie,
au manque que les larmes inondent et noient,
à cet endroit où rien jamais ne pourra vous atteindre !
Vous avez traversé ça ?
La douceur d’un sourire, un doigt tendu, tremblant sur sa bouche.
Le temps qui jamais ne s’arrête, les nuages qui défilent à tue-tête,
Ce besoin, cette envie, encore, toujours,
Et l’instant d’après, figé comme pour l’éternité.
La peur de tout perdre, de te perdre, un matin que tout s’arrête.
La douleur d’un seul soupir, un silence qui vous glace, net.

Vous croyez à l’amour vous ?
Au cœur qui s’emballe, au sang chaud qui court dans vos veines,
aux larmes, aux peines, aux cris de joie,
au monde qui semble un instant à jamais vous appartenir !
Vous avez partagé ça ?

Vous croyez au destin vous ?
Ces petits cailloux blancs qu’on ramasse sur sa route,
serrés entre nos doigts comme le plus pur argent,
certain de détenir la preuve que notre avenir existe !
Vous croyez à tout ça ?

Moi ? J’y CROA !

moi j'y croaw
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IT’S A NEW DAY, TODAY

bulle de savon

Comme à leur habitude, les journaux du jour n’ont pas réussi à me tirer un sourire. Ici, la neige sème la pagaille, responsable, comme on aime tant à le dire, de nombreux accidents. Là, un footballeur, trop heureux sans doute d’avoir permis à son camarade de marquer un but, s’effondre sur la pelouse, victime d’un arrêt cardiaque. Un curé, avant de s’être stupidement fait piégé, envoyait à une jeune adolescente des photos de lui en slip tanga qui, le journal s’empressant de le préciser, en rouge et en caractères gras, cachait mal une érection. Coma, chaos, mort, sectes, accidents, combat sans pitié, jusqu’à la météo qui nous parle d’assaut hivernal, tous ces mots crus, sordides ou terrifiants, pourtant devenus presque anodins, rabâchés chaque jours dans les colonnes de nos journaux,nous pourrissent le cœur et l’âme.

It’s a new day today. It’s a good day today. Un jour où tout est possible! Plutôt que de s’en protéger, regardez donc tomber la pluie, regardez la de plus près, cette goutte d’eau qui se laisse glisser le long de la vitre de votre bureau. Regardez la beauté de son reflet, la finesse exquise d’un flocon de neige sur la manche de votre manteau. Parlez donc à quelqu’un à qui vous n’avez jamais parlé, embrassez qui vous voudrez, souriez car aujourd’hui, tout peut changer !

CARAMBA EL MUNDO – 26 janvier 2004

You are

YOU ARE…

You are the last post played by the Alamo soldier
You are, you are, you are
You are a spaceman at the very edge of time
You are the single shaft of sunlight in the night time…

Je me revois encore, la tête enfouie dans mon oreiller, passer cette chanson en boucle,
cultivant la douleur comme on cultive un champ de fleurs.
Elle s’appelait Karine et j’avais 15 ans…

Il y a un certain plaisir à pleurer, par les larmes, la douleur s’épuise et s’exhale.

POUR ALLER PLUS LOIN

Ovide

Poète latin (43 av. J.-C.-v. 17 ap. J.-C.) auteur de l'Art d'aimer, qui exerça une influence considérable dans la civilisation occidentale depuis le Moyen Age jusqu'à l'époque classique.
Ovide : oeuvres complètes

Les larmes font du bien

Si l’énigme de leur mécanisme physiologique est résolue, on s’interroge toujours sur leur psychologie. Pourquoi pleure-t-on ? Le point sur les dernières hypothèses.
Psychologies
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A UN DÉTAIL PRÈS

Il est vrai que dans chaque travail
Il y a un élément au fond
Qui fait que l’on s’adapte
Une chose qu’on aime
Et chaque tâche peut devenir
Selon l’humeur un plaisir
Tous les soupirs ne valent pas mieux qu’un sourire

C’est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler
La médecine à couler, médecine à couler
Juste un morceau de sucre qui aide la médecine à couler
Ça vous rend la vie plus belle !

L’oiseau faisant un nid douillet
N’a guère le temps de se reposer
Il va cueillir des brins de laine et de bois
Bien que pris par ses occupations
Il siffle l’air gai d’une chanson
Ce qui rend surtout le travail beaucoup moins long

C’est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler
La médecine à couler, médecine à couler
Juste un morceau de sucre qui aide la médecine à couler
Ça vous rend la vie plus belle

Quand les abeilles travaillent en allant
De fleur en fleur sous tant de bleu
Elles vont puis elles viennent et volent tout en bourdonnant
Mais aussi elles font des agapes
En profitant de chaque étape
Et c’est (et c’est) ce qui fait (ce qui fait)
Que la tâche est mieux enlevée

The shade of Mary Poppins - Montage Photo - ©JCHERIX
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TOUS LES MATINS DU MONDE

Une simple promenade insouciante et sans autre but que d’être ensemble. Des chemins de traverse, des prés, des monts, baignés d’un bel après-midi d’été. Je me souviens de son émerveillement presque enfantin du bal d’un papillon, aussi léger et éphémère que cet instant…

Tous les matins du monde - Portrait Noir&Blanc - ©JCHERIX

POUR ALLER PLUS LOIN

L'enfer de l'hypermnésie

Se souvenir de tout, tout le temps : tel est le fardeau des hypermnésiques. Les souvenirs – y compris douloureux – déferlent en permanence dans la tête et envahissent le quotidien.On parle d’« hypermnésie autobiographique », car les personnes concernées se souviennent de tous les éléments les concernant, mais sans se révéler plus douées que la moyenne pour apprendre un poème ou un digicode.
Sciences Humaines

Nos souvenirs

Les bons souvenirs sont « le jardin de notre mémoire », explique Patrick Estrade, psychothérapeute. Dès lors, « comme une fleur qu’il est nécessaire d’arroser, il est indispensable de les revivifier. Pensez par exemple à organiser des dîners souvenirs entre amis, à renouer avec vos meilleurs copains d’enfance ou d’études, et prenez également le temps de mettre à jour vos albums photos ».
Psychologies
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UN JOUR, AVEC OU SANS MOI

Seul,
j’entame cette nouvelle page blanche sans trop savoir où tout cela m’emmènera.

L’espoir et le désespoir m’accompagnent,
m’évitant tour à tour de sombrer dans la résignation.
Et pourtant.

Je suis fatigué, si fatigué de croire, si fatigué d’espérer arriver quelque part.

Mais pourquoi aujourd’hui penser courir après des chimères,
quand on a pu comme moi, encore hier, touché du doigt les nuages.

Et pourquoi faudrait-il encore que j’y croie,
quand tout ce qui fut m’a finalement amené là.

Comme souvent, j’ai l’impression d’affirmer tout et son contraire,
sans finalement ne jamais rien pouvoir trancher.

Je voudrais pouvoir essayer de vivre autrement et pourtant,
je ne parviens pas à me résoudre à changer.

Il y a, dans l’inconstance de mon existence
des moments si vrais, si surprenants, si invraisemblablement parfaits,
que je ne veux me résoudre à chercher la paix ou la tranquillité.

Cette instabilité, cette curiosité permanente m’invite encore à me demander,
assis seul sur ce banc,
ce que je ressentirais si j’étais assis sur le banc d’en face ou celui d’à côté.

Mais alors que cette question m’affole,
je suis ébloui par un rayon de soleil qui vient rebondir sur une fenêtre que l’on vient d’ouvrir.
Et l’attitude, le naturel de cette femme s’appuyant alors à son balcon est si juste, si vraie,
l’espace d’un seul instant,
que je remercie la vie de m’avoir offert cette image de plus, cette image de mieux,
oubliant alors pour un temps le banc d’en face, celui d’à côté.

Choisir sa route, son chemin, organiser son voyage,
est-ce l’assurance de voir tout ce qu’il y a d’intéressant à voir,
ou se priver de se laisser surprendre ?

Est-ce que la vie cherche à me distraire en permanence,
pour m’entendre dire au bout du chemin que tout cela n’était que tentations
et qu’à tout voir, tout vouloir, tout goûter, je suis seulement passé à côté ?

Je peux vous raconter ma vie de mille et une façons,
dire que je suis passé à côté ou que j’aime qui je suis devenu.
Il y a sans doute un peu des deux.
Il y a ces jours sombres où je m’en veux,
et ces jours immenses et merveilleux,
où tout m’a semblé clair, si parfaitement évident.

Quelles différences entre les deux ?

Quelle que soit la fin de l’histoire, quel que soit ce jour,
j’aurai vécu d’autres matins,
des soleils, des parfums, des instants qui ne demandent rien.
J’aurai aimé, aimé les gens pour ce qu’ils sont, aimé la vie pour ce qu’elle a eu à m’offrir.

Je me dois une nouvelle fois d’essayer aujourd’hui,
de ne pas la haïr pour ce qu’elle ne m’aura pas permis de garder.
C’est sans doute le prix à payer pour exister.

État

MINUIT ET DES POUSSIÈRES D’ÉTOILES

Une de mes premières pensées informatiques couchée sur Caramba,
c’était le premier octobre 2003.

I’m drinking again d’Aretha Franklin sur la platine – numérique – un verre de rouge – Grande Cuvée – Domaine de l’Hortus – Coteaux du Languedoc – sagement attablé, je jette un coup d’œil distrait sur cette journée, qui s’en offusquerait presque.

Tout avait très mal commencé. Le soleil s’était levé, bien trop vite après que je me sois endormi, activant par ricochet l’instinct croquette du matin d’un chachou, qui, comme à son accoutumée, s’empressa alors de me réveiller. L’avantage de faire de l’ordre avant de se coucher, c’est de pouvoir se lever pour donner à manger à son chat sans se prendre les pieds dans un cendrier ou une tasse de thé. Ça a du bon la discipline ! Sept heures moins le quart ! Chachou, tu fais ch… Six heures quarante sept, recouché. Trois quarts d’heure encore pour profiter de la chaleur de mon lit, de sa peau que j’embrasse et caresse sans même ouvrir les yeux. “Hmmm” finit-elle par avouer.

Tout avait pourtant très mal commencé !

Evidemment, ce n’est pas avec ce genre de propos que je risque de changer le monde ! Mais il est certain aussi que je n’avais nulle intention de le révolutionner, ce matin. Et même si j’en avais eu l’intention, je peux supposer que mon cerveau n’aurait lui, pas daigner répondre à l’invitation. Je lisais, ce même matin les réflexions oh combien enrichissantes d’un bloggeur qui disait en substance que notre motivation première à publier nos pensées et autres récits quotidiens était de nous donner l’opportunité de faire de nouvelles connaissances, de rencontrer d’autres de nos semblables… !? Je ne sais trop quoi répondre encore à cela. Pour l’heure, il me semble que ma motivation est beaucoup plus égocentrique, plus narcissique que cela. J’écris parce que j’ai plaisir à écrire mais, à bien y réfléchir, il n’est pas impossible en effet  que j’aurai plus de plaisir encore à me savoir lu. C’est grave docteur ?

Don’t judge me chante Audrey Motaung…

La vie est un chemin.
Je vous emmène plus loin…