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UNE OMBRE AU TABLEAU

une ombre ©JCHERIX

Ton ombre aimante me hante. Elle plane sur moi parfois dès mon réveil. Dans le silence des matins blêmes, elle passe sur moi, me frôle, me traverse et s’en va. Comme dans un vieux film muet, les images, les souvenirs un peu flous se succèdent, quelques instants, avant que l’écran ne redevienne blanc. Quelques notes de piano flottent encore, imperceptiblement, avant que le bruit de la rue, le vide de ma chambre nue, le contact du sol sous mes pieds effacent l’insaisissable instant. Je ferme les yeux avant de les ouvrir à nouveau, dans un soupir assourdissant.

Encore un matin…

Bleu de travail – Thomas Vinau

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ONE MORE NIGHT

One more night - Noir&Blanc - ©JCHERIX

Dehors, la nuit a remplacé le jour.
Les yeux fermés, dans le silence,
Je cherche en vain à quoi je crois,
encéphalogramme programme coma.
Les heures passent en pleine absence,
Dedans, la nuit a remplacé l’amour.

Je t’aime toujours…

Phil Collins – One more night

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L’ABSENCE

L'absence

L’absence ce n’est rien. Une table posée contre l’océan du silence, de l’encre et du papier.
Tout est très fort, la nuit s’efface ou la nuit vient, je n’ai pas peur.
La tête un peu penchée, je ne regarde que la feuille de papier.
Les mots s’envolent et tu es là.
L’absence ce n’est rien – un peu de temps très pur pour inventer demain.

Philippe Delerm – Fragiles

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Y A DE LA JOIE…

Prendre le large

Universel, confidentiel et pathétique ! Oui, pathétique…

Voilà comment je me sens ce soir. Tristement pathétique.
En tombant sur un article au titre hélas évocateur,
Internet, le grand journal intime des personnes esseulées
les mots me sautent crescendo à la gueule.

– complaintes d’internautes déprimés.
– s’épancher sur sa mélancolie
– bouteilles à la mer sur les réseaux sociaux
– place publique où écrire son désespoir
– verbalisation d’un sentiment de tristesse
– expliquer tout son malheur
– Centre de Prévention du Suicide…

Y a de la joie !

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UN JOUR, AVEC OU SANS MOI

Seul,
j’entame cette nouvelle page blanche sans trop savoir où tout cela m’emmènera.

L’espoir et le désespoir m’accompagnent,
m’évitant tour à tour de sombrer dans la résignation.
Et pourtant.

Je suis fatigué, si fatigué de croire, si fatigué d’espérer arriver quelque part.

Mais pourquoi aujourd’hui penser courir après des chimères,
quand on a pu comme moi, encore hier, touché du doigt les nuages.

Et pourquoi faudrait-il encore que j’y croie,
quand tout ce qui fut m’a finalement amené là.

Comme souvent, j’ai l’impression d’affirmer tout et son contraire,
sans finalement ne jamais rien pouvoir trancher.

Je voudrais pouvoir essayer de vivre autrement et pourtant,
je ne parviens pas à me résoudre à changer.

Il y a, dans l’inconstance de mon existence
des moments si vrais, si surprenants, si invraisemblablement parfaits,
que je ne veux me résoudre à chercher la paix ou la tranquillité.

Cette instabilité, cette curiosité permanente m’invite encore à me demander,
assis seul sur ce banc,
ce que je ressentirais si j’étais assis sur le banc d’en face ou celui d’à côté.

Mais alors que cette question m’affole,
je suis ébloui par un rayon de soleil qui vient rebondir sur une fenêtre que l’on vient d’ouvrir.
Et l’attitude, le naturel de cette femme s’appuyant alors à son balcon est si juste, si vraie,
l’espace d’un seul instant,
que je remercie la vie de m’avoir offert cette image de plus, cette image de mieux,
oubliant alors pour un temps le banc d’en face, celui d’à côté.

Choisir sa route, son chemin, organiser son voyage,
est-ce l’assurance de voir tout ce qu’il y a d’intéressant à voir,
ou se priver de se laisser surprendre ?

Est-ce que la vie cherche à me distraire en permanence,
pour m’entendre dire au bout du chemin que tout cela n’était que tentations
et qu’à tout voir, tout vouloir, tout goûter, je suis seulement passé à côté ?

Je peux vous raconter ma vie de mille et une façons,
dire que je suis passé à côté ou que j’aime qui je suis devenu.
Il y a sans doute un peu des deux.
Il y a ces jours sombres où je m’en veux,
et ces jours immenses et merveilleux,
où tout m’a semblé clair, si parfaitement évident.

Quelles différences entre les deux ?

Quelle que soit la fin de l’histoire, quel que soit ce jour,
j’aurai vécu d’autres matins,
des soleils, des parfums, des instants qui ne demandent rien.
J’aurai aimé, aimé les gens pour ce qu’ils sont, aimé la vie pour ce qu’elle a eu à m’offrir.

Je me dois une nouvelle fois d’essayer aujourd’hui,
de ne pas la haïr pour ce qu’elle ne m’aura pas permis de garder.
C’est sans doute le prix à payer pour exister.