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UN JOUR, AVEC OU SANS MOI

Seul,
j’entame cette nouvelle page blanche sans trop savoir où tout cela m’emmènera.

L’espoir et le désespoir m’accompagnent,
m’évitant tour à tour de sombrer dans la résignation.
Et pourtant.

Je suis fatigué, si fatigué de croire, si fatigué d’espérer arriver quelque part.

Mais pourquoi aujourd’hui penser courir après des chimères,
quand on a pu comme moi, encore hier, touché du doigt les nuages.

Et pourquoi faudrait-il encore que j’y croie,
quand tout ce qui fut m’a finalement amené là.

Comme souvent, j’ai l’impression d’affirmer tout et son contraire,
sans finalement ne jamais rien pouvoir trancher.

Je voudrais pouvoir essayer de vivre autrement et pourtant,
je ne parviens pas à me résoudre à changer.

Il y a, dans l’inconstance de mon existence
des moments si vrais, si surprenants, si invraisemblablement parfaits,
que je ne veux me résoudre à chercher la paix ou la tranquillité.

Cette instabilité, cette curiosité permanente m’invite encore à me demander,
assis seul sur ce banc,
ce que je ressentirais si j’étais assis sur le banc d’en face ou celui d’à côté.

Mais alors que cette question m’affole,
je suis ébloui par un rayon de soleil qui vient rebondir sur une fenêtre que l’on vient d’ouvrir.
Et l’attitude, le naturel de cette femme s’appuyant alors à son balcon est si juste, si vraie,
l’espace d’un seul instant,
que je remercie la vie de m’avoir offert cette image de plus, cette image de mieux,
oubliant alors pour un temps le banc d’en face, celui d’à côté.

Choisir sa route, son chemin, organiser son voyage,
est-ce l’assurance de voir tout ce qu’il y a d’intéressant à voir,
ou se priver de se laisser surprendre ?

Est-ce que la vie cherche à me distraire en permanence,
pour m’entendre dire au bout du chemin que tout cela n’était que tentations
et qu’à tout voir, tout vouloir, tout goûter, je suis seulement passé à côté ?

Je peux vous raconter ma vie de mille et une façons,
dire que je suis passé à côté ou que j’aime qui je suis devenu.
Il y a sans doute un peu des deux.
Il y a ces jours sombres où je m’en veux,
et ces jours immenses et merveilleux,
où tout m’a semblé clair, si parfaitement évident.

Quelles différences entre les deux ?

Quelle que soit la fin de l’histoire, quel que soit ce jour,
j’aurai vécu d’autres matins,
des soleils, des parfums, des instants qui ne demandent rien.
J’aurai aimé, aimé les gens pour ce qu’ils sont, aimé la vie pour ce qu’elle a eu à m’offrir.

Je me dois une nouvelle fois d’essayer aujourd’hui,
de ne pas la haïr pour ce qu’elle ne m’aura pas permis de garder.
C’est sans doute le prix à payer pour exister.

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