SOLITUDE(S)

solitude

A tous les amoureux, la solitude est dangereuse.

Ahhhh, la solitude !

J’aimerai tant que nous soyons amis, toi et moi, moi et moi…

La solitude est à vous, elle vous tient, et on ne sait jamais si c’est une délivrance ou une malédiction. Va-t-elle vous donner des ailes ou vous réduire à une existence de petits pas ? J’étais entre deux mondes. Si libre.

Que nous apprendra la mort, se demandait Montherlant ? Ce que nous apprend déjà la solitude ! Savoir n’exister pour personne, n’être plus rien, un grain de sable dans le sable du temps.

Je peux être tenté par des mirages, chercher à communiquer avec les morts, cela m’apportera peut-être quelques consolations. Mais une consolation moins grande que celle de ma solitude acceptée, assumée, car dans cette solitude se découvre peut-être le miracle d’une alliance, d’une “relation autre” qui ne se vit plus sous les modes de l’espace-temps, mais sous le mode de ce que les anciens appelaient la “communion des saints”, participation subtile aux qualités de ceux qui ont disparu et qui nous demandent d’incarner davantage ces qualités.

Ainsi je n’ai pas à regretter la bonté de mon père, ou de mon amie, mais j’ai à les vivre davantage. Je ne me laisse plus emporter par les ailes de sa présence évanouie, je n’en suis que plus présent à la terre qui garde les empreintes de notre brève promenade, de notre passage commun.

Aimer l’autre, c’est renoncer à l’avoir, même mort, renoncer à ce qu’il revienne, découvrir qu’il est toujours là, dans un silence qui ne nous fait plus peur, dans un désert qui se fait l’hospitalier de ce que nous avons de plus précieux, l’essentiel qui reste quand il ne reste plus rien.

“Va vers toi-même”, disait la bien-aimée au bien-aimé dans le Cantique des cantiques. “Va vers toi-même”, c’est aussi la parole de Dieu à Abraham. Va vers ton désert, comme je vais vers le mien, c’est là qu’au détour des dunes nous nous rencontrerons, à l’oasis où, délivrés de nos soifs, nous serons le puits qui affleure l’un pour l’autre.

Ben mon vieux, vu ce que j’ai pu lire ici, t’as encore du boulot…
Effectivement !

Tout ce chemin accompli pour rester seul avec mes convictions, je ne parviens pas vraiment  à m’en réjouir, ni à m’en contenter d’ailleurs…

Je te comprends !

Aimer la vie, c’est bien, c’est même essentiel, mais l’aimer à deux…

Aimer à deux c’est mieux non ?

Du moins dans mon souvenir, c’est à deux que nous avons pu toucher le bonheur du doigt…

Le toucher, sans doute, mais le cultiver ?
Ben…

Faute de pouvoir plonger mon regard dans le sien, il me reste bien quelques bouquins…

Alors accroche-toi petit épicurien…

On ne naît pas philosophe, on le devient…

Par curiosité, par solidarité, parce que je ne suis pas seul à chercher, pas seul à souffrir,  je vais compiler ici un peu de ce que d’autres ont écrits, publiés sur la solitude, au fil du temps, au gré de mes pérégrinations.

A suivre…

La vie est un voyage.
Je vous emmène ailleurs ?